Une histoire liée à l’art et au jeu d'échecs
Notre chère Marie-Claude Schoendorf, née Masson, gardienne de ce lieu exceptionnel situé rue Victor Hugo à Lyon (appartement-atelier occupé de 1882 à 1886, époque Napoléon III), nous a quittés au début de cette année.
Elle était la tante de Christophe Leroy, directeur du LOE, l’un des plus importants clubs français. De nombreux joueurs d’échecs, dont Anatoli Karpov et plusieurs maîtres français, ont eu le privilège de la rencontrer dans cette demeure. Certains ont également pu faire la connaissance de son époux, Max Schoendorff, peintre, graphiste, scénographe et grand humaniste.
Peu après son décès, un comité de soutien a vu le jour, porté par l’association récemment créée «Max et Marie-Claude Schoendorff, c’est urgent!». Grâce à l’énergie remarquable d’Odile Nguyen-Schoendorff, sœur de Max, plus de 150 membres ont déjà rejoint le comité en seulement trois mois. On y trouve des écrivains (dont plusieurs lauréats de prix littéraires prestigieux, y compris le Prix Nobel de littérature), des poètes, peintres, photographes, professeurs d’université, traducteurs, éditeurs, galeristes, libraires, médecins, étudiants, personnalités politiques, un avocat, deux banquiers… et, hélas, seulement trois joueurs d’échecs.
Le projet d’un Musée du Jeu d’Échecs français
Le LEO, présidé par Christophe Mathieu, est depuis près de 42 ans un acteur majeur de l’histoire du jeu d’échecs en France et à Lyon. Les membres du club collectent depuis longtemps des pièces et documents historiques en vue de réaliser un ambitieux projet: la création d’un Musée du Jeu d’Échecs français.
Aujourd’hui, Christophe Leroy lance un appel à toute la communauté échiquéenne. On se souvient notamment de sa réalisation spectaculaire: un échiquier géant de 64 m² entièrement miroir, installé dans le parc du Château de la Poupée (XIXe siècle) à Marcy-l’Étoile. Ce projet avait donné lieu à une aventure surréaliste intitulée «Alice et le Maître d’échecs», inspirée d’Alice de l’autre côté du miroir de Lewis Carroll. Marie-Claude et Max Schoendorff y avaient activement participé.
Leur passion pour Marcel Duchamp et Man Ray tisse un lien profond entre ce lieu chargé d’histoire, le surréalisme et le monde des échecs.
Aujourd’hui, nous pouvons faire d’une pierre deux coups: préserver ce lieu unique et donner un avenir brillant au futur Musée du Jeu d’Échecs français.
Il est temps que la communauté des échecs se mobilise.
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