Pourquoi les joueurs d'échecs ont besoin de la psychologie du sport?

Par Paul Kohler
13/12/2025 – À quelle fréquence les joueurs d'échecs entraînent-ils leur esprit comme ils entraînent leurs ouvertures? Tous les joueurs d'échecs ont déjà connu des moments de doute, de nervosité ou de réflexion excessive qui leur ont coûté des parties cruciales. C'est là que la psychologie entre en jeu. Dans cet article que nous traduisons de l'anglais, Saloni Sapale, WIM et consultante en psychologie du sport, partage son parcours, depuis ses débuts en tant que joueuse de compétition jusqu'à son travail avec des athlètes sur l'aspect mental de la performance. Si vous vous êtes déjà demandé pourquoi votre préparation ne se traduisait pas toujours par des résultats, ou comment jouer avec clarté sous pression, cet article vous parlera profondément. Découvrez comment l'entraînement mental peut transformer votre façon de jouer! | Photos: Saloni Sapale.

Votre entraîneur d'échecs personnel. Votre adversaire le plus coriace. Votre meilleur allié.

FRITZ 20 est plus qu'un simple moteur d'échecs – c'est une révolution en matière d'entraînement pour les joueurs ambitieux et les professionnels. Que vous fassiez vos premiers pas dans le monde de l'entraînement sérieux aux échecs ou que vous jouiez déjà au niveau des tournois, FRITZ 20 vous aidera à vous entraîner plus efficacement, plus intelligemment et plus individuellement que jamais.

Le pouvoir du mindset

Imaginez la scène: vous êtes aux Championnats du monde juniors d’échecs, c’est votre dernière année en catégorie U20. Vous avez bossé comme un fou pendant des mois: ouvertures affûtées, positions analysées jusqu’à l’obsession, finales maîtrisées sur le bout des doigts. La première moitié du tournoi se passe nickel – vous jouez solide, les décisions coulent de source, les coups sortent tout seuls.

Et puis… quelque chose bascule. Vous ne savez même pas quoi exactement. Dans la seconde moitié, tout s’écroule. Le cerveau est embrumé, chaque coup devient une torture, la confiance s’effrite, et les 1 se transforment inexorablement en 0.

Ça vous parle? C’était exactement mon histoire aux Championnats du monde juniors 2019 à New Delhi. Malgré toute ma préparation et mes années d’expérience, il manquait un truc énorme à mon jeu. Et ce n’était pas (seulement) des connaissances échiquéennes.

C’était mon mindset.

Cette claque monumentale a été le déclic. J’ai plongé tête la première dans la psychologie du sport appliquée aux échecs, et je n’en suis jamais vraiment ressortie. Aujourd’hui, c’est devenu mon métier: accompagner les joueurs à construire un mental aussi affûté que leurs variantes.

Mais avant de vous expliquer comment le mental peut littéralement changer votre niveau aux échecs, laissez-moi me présenter rapidement…

Mon parcours: de joueuse compétitive à consultante en psychologie du sport

Saloni Sapale: WIM et consultante en psychologie du sport.

Bonjour, je m'appelle Saloni Sapale, je suis Maître International Féminin et j'ai suivi un parcours atypique dans le monde des échecs. Je joue depuis l'âge de 6 ans et je participe à des compétitions internationales depuis l'âge de 14 ans. J'ai remporté de nombreux titres pour l'Inde dans des compétitions par catégorie d'âge au niveau mondial, asiatique et du Commonwealth. À 21 ans, j'avais déjà acquis une expérience considérable, tant sur l'échiquier qu'en dehors. Mais surtout, j'ai découvert quelque chose d'essentiel: pendant une compétition, il se passe tellement de choses dans notre esprit qui ont un impact direct sur nos performances!

Voici mes succès les plus importants:

Médaille d'argent au Championnat du monde amateur en 2014.

Médaille d'argent au Championnat du monde scolaire U-17 en 2015.

Médaille de bronze au championnat U16 ans du Commonwealth en 2015.

Récompensée par le Shiv Chhatrapati Rajya Krida Puraskar en 2019.

Des questions tournaient en boucle dans ma tête pendant les tournois: «Est-ce vraiment le bon coup?», «Mon adversaire va-t-il me sortir une nouveauté que je n’ai pas vue?», « Suis-je assez préparée?»… et parfois même la plus lourde de toutes: «Qui suis-je quand je ne suis pas aux échecs?»

Ces pensées parasites, cette pression mentale constante, sont devenues insupportables. Et c’est précisément là que tout a basculé.

Ce chaos intérieur a été le déclencheur: j’ai décidé de me former sérieusement à la psychologie du sport, pour comprendre... ce n’était plus seulement pour moi, mais pour tous les joueurs et joueuses qui vivent exactement la même chose sans oser en parler.

Aujourd’hui, mon plus grand kif? Aider les autres à faire taire ces voix, à transformer le doute en force et à jouer enfin libérés.

Présentation d'une recherche sur la pleine conscience et la gestion du stress chez les joueurs d'échecs lors du MSEPS 2024.

Maîtrise en psychologie de la performance, du sport et de l'exercice physique à l'université de l'Illinois, Chicago

Aujourd’hui, je me trouve à une intersection rarissime: je suis l’une des très rares personnes au monde à maîtriser à la fois les exigences du haut niveau échiquéen et la science de la psychologie de la performance.

Après avoir obtenu mon Master en psychologie du sport et de la performance à l’Université de l’Illinois à Chicago, j’ai accompagné des athlètes de haut niveau en natation, plongeon, lutte, athlétisme, cross-country et handball. J’ai aidé ces champions à exploser leurs limites tout en prenant soin de leur équilibre global.

Mais mon cœur n’a jamais quitté les 64 cases. Les échecs m’ont tout donné: la discipline, les rêves, les larmes, les victoires. C’est à eux que je veux rendre la pareille.

C’est pour ça que je lance Mind Over Moves → la première structure de psychologie du sport pensée spécialement pour les joueurs et joueuses d’échecs, quel que soit leur niveau.

Parce que le vrai adversaire n’est pas toujours en face de toi… Il est souvent assis dans ta propre tête.

Mind Over Moves a été lancé en septembre 2025. Consultez le site officiel ici.

Pourquoi les joueurs d’échecs ont (absolument) besoin d’entraînement mental

Les échecs, ce n’est pas un sport comme les autres. C’est un combat 100 % mental, où chaque coup est une décision prise sous pression, avec le chrono qui tic-tac et des conséquences parfois énormes. Pourtant, on passe des centaines (des milliers?) d’heures sur les ouvertures, les tactiques et les finales… Mais combien d’heures consacre-t-on vraiment à entraîner notre cerveau ?

Pensez-y deux secondes:

  • Rester concentré à 100% pendant 5, 6, parfois 7 heures d’affilée.
  • Se juger en permanence: «C’est bien le bon plan?», «J’ai loupé un truc?», «Je suis en zeitnot, là…».
  • Porter sur ses épaules ses propres attentes, celles des parents, du coach, parfois de tout un pays.
  • Savoir que chaque partie modifie ton Elo pour toujours.

Et puis il y a la vie de tournoi:

  • S’adapter à des salles bruyantes, des chaises inconfortables, des adversaires imprévisibles.
  • Gérer son énergie sur 9, 11 ou 13 rondes.
  • Garder la tête froide quand tout repose sur une seule partie (norme, prix, qualification…).
  • Se relever quand on vient de perdre une partie gagnante à cause du seul zeitnot.

Ça fait beaucoup, non?

C’est exactement là qu’intervient la psychologie du sport. Elle t’apprend à construire une confiance blindée, à garder les idées claires sous pression, à calmer les papillons dans l’estomac, le cœur qui s’emballe ou les spirales de surpensées. Elle t’apprend à transformer une défaite douloureuse en carburant pour la ronde suivante.

Parce qu’avoir 20 pages de théorie sur la Sicilienne Dragon, c’est génial… tant que tu arrives à t’en souvenir quand tu as 3 minutes à la pendule et les mains tremblantes.

Et attention au cliché: non, tu n’as pas besoin d’être «en crise» pour travailler avec un psychologue du sport. Les meilleurs athlètes du monde le font pour passer de «bon» à «exceptionnel», pas seulement pour «réparer» quelque chose.

La preuve? Juste après avoir été couronné champion du monde 2024, Gukesh (18 ans à peine!) a révélé publiquement qu’il travaillait depuis des mois avec le célèbre coach mental Paddy Upton. Les top joueurs ne le cachent plus: le mental, c’est l’arme secrète qui fait la différence au plus haut niveau.

Paddy Upton parle de son parcours avec le champion du monde Gukesh. | Vidéo: Paddy Upton.

Et ce n’est pas qu’un phénomène chez les plus jeunes! Même les joueurs confirmés l’ont compris depuis longtemps.

Récemment, le GM Vidit Gujrathi (top 20 mondial) et la MI Soumya Swaminathan ont eu une discussion passionnante et ultra-transparente avec la psychologue du sport Gayatri Vartak. Ils y expliquent sans filtre à quel point travailler avec un spécialiste du mental a changé leur approche du jeu, leur gestion de la pression et, au final, leurs résultats.

Quand des joueurs de ce calibre assument publiquement que le psychologue fait partie intégrante de leur équipe… c’est que le tabou est bel et bien tombé.

Le mental n’est plus une option. C’est la nouvelle norme chez ceux qui veulent rester au sommet.

La psychologue du sport Gayatri Varktak parle de l'entraînement mental. | Vidéo: Vidit Gujarathi.

Un bonus énorme: ces compétences mentales sont transférables! Tout ce que tu apprends pour les échecs te servira ailleurs. Examens, boulot, autre sport, vie perso… Dès qu’il y a de la performance et de la pression, ces outils font la différence. Tu ne payes pas juste pour gagner 50 points Elo: c'est un investissement sur toute ta vie.

Pourquoi choisir Mind Over Moves (et moi) plutôt qu’un autre? Parce que je ne te balance pas un programme tout fait copié-collé. Je suis ton alliée, pas une prof qui te fait la leçon.

Mon motto? L’excellence personnalisée. On construit ensemble les solutions qui collent parfaitement à ta personnalité, à ton style de jeu et à tes objectifs. Tu apprends, tu t’entraînes, tu testes, et tu repars avec des outils que tu sais utiliser en tournoi, pas juste en théorie.

Et parce que j’ai vécu la même galère que toi (les nuits blanches avant une ronde décisive, les sacrifices de vie sociale, les billets d’avion payés à crédit, les parents qui croient en toi plus que toi-même…), je sais exactement où ça coince. Chaque séance te rapporte quelque chose de concret: tu ressors toujours avec au minimum un outil que tu peux appliquer dès la prochaine partie.

Ce sur quoi on bosse (quelques exemples concrets):

  • Construire une confiance en béton (même après une défaite qui fait mal).
  • Rester calme et lucide quand le chrono descend sous les 5 minutes.
  • Dompter la petite voix dans ta tête qui te sabote («t’es nul», «tu vas gaffer»…).
  • Visualisation ultra-puissante: revoir ses lignes les yeux fermés et les sortir naturellement en partie.
  • Gérer les émotions pour qu’elles ne prennent pas le volant à ta place.
  • Transformer les nerfs en énergie positive.
  • Prendre des décisions avec assurance (coup, proposition de nulle, gestion du zeitnot).
  • Savoir exactement où mettre ton énergie (et arrêter de te disperser).

Et je n’ai cité que la partie émergée de l’iceberg. La psycho du sport, c’est un océan de techniques que personne ne t’a jamais montré.

Mon rêve ultime? Que tu n’aies plus besoin de moi. Oui, tu as bien lu. Mon plus grand succès, c’est quand un joueur me dit: «Saloni, merci… maintenant je gère tout seul.» C’est là que je sais que le boulot est fait.

Prêt à faire passer ton jeu (et ta vie) au niveau supérieur? Que tu sois coincé à 1600 Elo et que tu veuilles exploser, que tu chasses ta dernière norme de MI/GM, ou que tu veuilles simplement prendre plus de plaisir aux échecs sans te pourrir la tête… le mental peut tout changer.

Si mon histoire te parle, si tu sens que c’est LE chaînon manquant, écris-moi. Je serai ravie de discuter avec toi et de voir comment on peut débloquer ton plein potentiel.

Contact: saloni.mindovermoves@gmail.com; Site web.

J’ai hâte de bosser avec toi et de voir jusqu’où on peut aller ensemble !

Philosophie de Mind Over Moves Mind Over Moves, c’est la psychologie du sport pensée par et pour les joueurs d’échecs. Avec mon vécu de compétitrice internationale + mon Master en psychologie de la performance, je propose une approche unique, ultra-spécifique aux échecs, qui allie rigueur scientifique et réalité du circuit. Notre seule obsession: t’aider à exprimer ton meilleur niveau, ronde après ronde, tout en prenant soin de ton équilibre et de ton bien-être global.

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Après plus de vingt ans passés dans l'organisation du Festival international d'échecs de Bienne (Suisse), Paul Kohler en est maintenant le secrétaire général et le directeur du tournoi fermé des Grands Maîtres (GMT). Depuis septembre 2016, vous pouviez lire ses posts quotidiens et ses tweets pour ChessBase dans la langue de Molière. Dorénavant, c'est sur le portail francophone que vous pouvez lire ses articles.
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